19 October 2017

La vie est trop courte pour rouler dans une voiture fade
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Le salon Retromobile, qui vient de fermer ses portes, est toujours l’occasion d’admirer les voitures les plus rares au monde. Pourtant, toutes ces pépites introuvables n’attirent pas les foules. Certaines, comme l’Alpine qui nous intéresse aujourd’hui, n’ont pas besoin de rambardes et ne suscitent aucune frénésie de selfie. Pourquoi ? 

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Samedi 11 février, Paris, parc des expositions de la porte de Versailles. Au plus fort de Retromobile, la foule se presse sur le stand Renault-Alpine autour de la petite dernière, l’A210, à peine dissimulée sous les traits d’un vrai-faux concept-car. On a beau se trouver dans un salon de voitures anciennes, les constructeurs automobile exploitent le capital sympathie de leurs vieilles gloires en s’immisçant parmi des clubs de passionnés. Renault a ainsi mis en scène sa nouvelle Alpine au milieu de toutes celles qui l’ont précédée, toutes uniformément blanches. Qui a dit qu’une “vraie” Alpine devait être nécessairement bleue France ?

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Si les communicants propagent généralement une vision historique orientée, débarrassée de toute zone d’ombre, tous les anciens modèles, y compris les échecs commerciaux, sont mis à l’honneur. On a donc retrouvé la malheureuse A610 Turbo, avec laquelle l’aventure Alpine s’est arrêtée dans l’indifférence générale, en 1995, avant que Carlos Ghosn n’entérine la renaissance d’Alpine presque vingt ans plus tard. La dernière Alpine en date se tient cependant à bonne distance de sa lointaine descendante, en queue d’une belle brochette d’Alpine V6 comprenant également une A310 et une V6 Turbo peu remarquée des visiteurs. Malheur aux perdants !

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L’A610 de série n’ayant jamais existé en blanc, on a réussi à mettre la main sur l’un des deux exemplaires de la série “Olympique 92”, blanche jusqu’au bout des jantes. Cette série, souvenez-vous, avait été proposée à l’automne 91 en plein battage médiatique précédant l’ouverture des jeux olympiques d’hiver d’Albertville. Renault faisait partie des plus gros partenaires de l’évènement à l’instar d’autres fleurons français : SNCF, Alcatel, France Telecom ou Evian, Pour le transport des athlètes et des personnels sur les différents sites des jeux, pas moins de 1500 véhicules au losange, de la Clio à l’autocar FR1, allaient être mobilisés. L’enjeu publicitaire est considérable et les collaborateurs Renault sont mis à contribution tant dans le recrutement des chauffeurs des voitures officielles que dans l’animation du réseau commercial.

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De ce côté-là, on avait déjà eu droit à la R25 “Méribel” en 1990, puis aux R19 “Dynamic” et R25 “Courchevel” en 1991. La série “Olympique 92”, elle, couvre toute la gamme, à l’exception des R4 et 5 cantonnées à leur rôle de premiers prix. Sont concernées les Clio RT 1.7, R19, 21 et 25 TXI, Espace RXE V6i, Jeep Cherokee 4.0 et Alpine A610 Turbo. Toutes sont de blanc vêtues à l’extérieur et de cuir gris à l’intérieur. Les mécaniques n’évoluent pas. En dehors de la combinaison de couleurs et de l’équipement complet sans option, elles ne se distinguent que par un bandeau adhésif latéral et l’écusson officiel “Albertville 92” collé à l’arrière. Malgré cela, le nom de la série est bien “Olympique 92”. Comprend qui peu.

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Comme moi, vous avez peut-être découvert ces voitures dans votre boîte aux lettre dans un dépliant publicitaire vous invitant à venir jouer au jeu de la clé chez votre concessionnaire Renault. Comme moi, vous n’en avez sans doute jamais vu rouler une seule compte-tenu des faibles volumes produits : 1800 Clio, 500 R19, 300 R21  et 21, 100 Espace, 49 Jeep Cherokee et… 2 Alpine ! D’après la bible de Fréréric Lhospied, ces Alpine encore plus rares que bien des Joconde de l’automobile, ont servi de déplaçoir de luxe à des VIP sur le site olympiques avant d’être revendues à des particuliers. Retromobile nous a confirmé l’existence d’au moins un exemplaire, que même Renault ne possède pas dans son immense collection historique. Est-ce la même voiture que celle apparaissant sur ce forum ?

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Mis à part l’écusson arrière jauni par le temps, l’auto a bien traversé l’épreuve du temps. Les connaisseurs ont pu l’immortaliser sans gêne d’une foule soit trop jeune soit inculte. Tout cela nous rappelle combien l’Alpine A610 (produite à 818 exemplaires seulement de 1991 à 1995) est scandaleusement ignorée et la Porsche 911 adulée au-delà du supportable. Cela dit, quel plaisir de dénicher la beauté là où personne ne la cherche !

Laurent Berreterot

INTOUCHABLE !

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